Le CERMICOL, premier centre pour mineurs en conflit avec la loi a reçu la visite du ministre de la justice

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Le Centre d’éducation et de réinsertion des mineurs en conflit avec la loi (CERMICOL) de Bobo-Dioulasso a reçu la visite du ministre de la Justice, Bessolé René Bagoro. Ce centre doit être maintenu et amélioré, selon le Garde des sceaux, parce qu’il participe des critères d’analyse du respect des droits de l’homme et de l’Etat. Quatre ans après l’ouverture de ce centre une révision de son statut juridique s’impose.


Le CERMICOL fait partie des établissements pénitentiaires. C’est un centre de rééducation, d’encadrement et de formation professionnelle destiné à recevoir des mineurs des deux sexes en conflit avec la loi conformément aux textes en vigueur au Burkina Faso. Il se veut un modèle de valorisation des mesures alternatives à l‘emprisonnement à travers un système de suivi psycho-éducatif individuel adapté et l’opportunité offerte aux mineures pour l’apprentissage d’un métier.


Bâtit sur une superficie de plus de quatre hectares, le centre a une capacité d’accueil de soixante (60) mineurs dont douze (12) mineures filles. A ce jour, quatre-vingt-treize (93) mineurs provenant de onze (11) Maisons d’arrêt et de correction ont été accueillis au CERMICOL. Vingt-six (26) sont retournés en famille et placés dans des ateliers pour un apprentissage de métier.
Accueillis par le personnel, le ministre et sa délégation ont pu constater de visu les conditions de vie et de travail au sein de l’établissement pénitentiaire pour mineurs. Les bureaux, la cuisine, le réfectoire, l’infirmerie, la salle polyvalente, les dortoirs et les ateliers ont été visités en compagnie du directeur du CERMICOL, Abdoulaye Kébré. Pour le premier responsable du département de la Justice, le CERMICOL, premier centre de l’Etat pour mineurs en conflit avec loi, doit être maintenu et amélioré parce qu’il participe des critères d’analyse du respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit, les mineurs étant considérés comme des victimes.


Le ministre et ses proches collaborateurs se sont également entretenus avec le personnel du centre. Les préoccupations du personnel avaient notamment trait à l’insuffisance des ressources humaines, des infrastructures, des équipements, des moyens roulant et des matières premières pour les ateliers. Le porte-parole du personnel, l’assistant GSP Mathurin Simporé a également plaidé pour une révision du statut juridique du centre afin de faciliter davantage son fonctionnement.


« Nous sommes venus vous féliciter et vous encourager pour le travail réalisé dans le centre pour les mineurs qui constituent l’avenir (…) Vous faites un travail difficile : comment ne pas donner à penser à ces enfants qu’ils sont détenus, tout en les surveillant et en œuvrant pour leur futur réinsertion. C’est un travail délicat », a apprécié le ministre.


Il s’est en outre réjoui de la pluridisciplinarité de l’équipe qui comprend le personnel de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP), celui de la Santé, de l’Action social et les formateurs. Le Garde des sceaux a rappelé que c’est la deuxième fois qu’il visite le CERMICOL. « C’est vrai que nous recevons les rapports, mais il est toujours bon quand l’occasion se présente de venir toucher du doigt les réalités parce que tous les détails ne peuvent pas figurer dans les rapports », a-t-il relevé. « C’est une noble mission que vous accomplissez. Votre satisfaction sera certainement de voir ces jeunes apporter demain leur contribution au développement de notre pays, parce que vous les aurez aidé à devenir menuisier, mécanicien, couturier, à être plus instruit (…) », s’est-il exprimé à l’endroit des travailleurs du CERMICOL.


Les collaborateurs du ministre, chacun en ce qui le concerne ont apporté des réponses aux questions. Dans la mesure du possible, des engagements ont été pris de renforcer les effectifs, l’enveloppe financière et les équipements.


De plus, le ministre Bessolé René Bagoro a demandé de lui faire parvenir un projet de révision du statut juridique du centre et de poursuivre les initiatives de partenariats avec des structures comme le Conseil régional des Hauts-Bassins.


Le directeur du CERMICOL s’est réjoui du déplacement et des échanges avec le ministre et les directeurs centraux. « Ils ont apporté des explications à des situations et dans certains cas pris des engagements. De même la révision des textes s’impose, 4 ans après l’ouverture du centre. Nous sommes satisfaits de cette visite qui va permettre de résoudre un certain nombre de préoccupations», a témoigné Abdoulaye Kébré.

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