Ramassage anarchique de sable à Ouagadougou : Une activité qui dégrade les routes
A peine la pluie terminée, un phénomène s’installe dans plusieurs quartiers de la ville de Ouagadougou. Sur les routes, dans les «six mètres» et même sur les voies bitumées, des enfants, des jeunes et des femmes, pelles et brouettes en main, se lancent dans le ramassage de sable. Une pratique devenue courante et qui ne sont malheureusement pas sans conséquences sur l’état des routes.
Poussés par le besoin, ils revendent ensuite leur récolte aux maçons et aux fabricants de briques. « Un voyage de brouette peut rapporter 500 FCFA. Le travail semble facile mais en réalité il est difficile. Il demande de l’énergie et de la patience. On peut prendre deux jours pour ramasser le sable », confie Issa Sawadogo, élève en classe de 4e que nous avons rencontré alors qu’il était en pleine activité.
Pour la plupart des personnes qui s’adonnent à cette pratique, c’est une source de revenus. Pour les autorités communales, c’est un casse-tête. Le ramassage se fait de manière anarchique, sans encadrement ni autorisation. Le sable est prélevé directement sur la chaussée, les accotements et dans les caniveaux, créant des nids-de-poule, des tranchées et des routes abîmées.
« Il faut que les autorités compétentes renforcent le contrôle parce que la pratique n’est pas sans conséquence. Aussi, on ne peut pas laisser les gens dégrader nos routes que l’État réhabilite régulièrement», alerte Frédéric Kabré, habitant de Cissin. Pour lui, un curage massif des caniveaux s’impose en pleine saison des pluies.
Pire, ces trous deviennent de véritables pièges mortels pour les motocyclistes, les piétons et les automobilistes, surtout la nuit. Au-delà de la dégradation des routes, le sable extrait et mal évacué finit par boucher les caniveaux. Ce qui augmente directement les risques d’inondation lors des prochaines pluies. La pratique favorise aussi l’érosion des sols et fragilise davantage les quartiers déjà vulnérables.
Face à cette pratique, deux urgences s’imposent. Les autorités sont interpellées pour renforcer les contrôles. Les populations sont aussi invitées à la vigilance, à dénoncer les zones de prélèvement dangereuses et à éviter d’acheter du sable issu de la dégradation des voies publiques. Protéger les routes et ouevrer à l’assainissement, c’est préserver le cadre de vie de tous.
Aïssata Sidibé
Honorine OUEDRAOGO
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