L’or tropical au coin de la rue : Quand l’ananas couronne le succès des jeunes de Ouagadougou

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À chaque carrefour de la capitale, une nouvelle économie « juteuse » s’installe. Entre sueur et persévérance, des jeunes commerçants transforment les charrettes de fruits en véritables mines d’or, répondant à l’appétit croissant des Burkinabè pour ce fruit aux mille vertus.

Le labeur derrière la saveur
Le soleil de Ouagadougou ne décourage pas Moussa Sorgho. Debout près de sa charrette, ce trentenaire illustre parfaitement le passage biblique : « Tu mangeras à la sueur de ton front ».

Depuis 2019, il importe ses fruits du Bénin et les propose entre 700 et 1 000 F CFA l’unité. Son succès est visible : en quelques heures, son stock s’épuise devant une clientèle qui se bouscule. Les gains, eux, sont au rendez-vous, pouvant atteindre entre 50 000 et 100 000 F CFA par jour en période de haute rentabilité.

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux, parfois même des mineurs, à occuper les abords des voies pour proposer ce « trésor » importé. Harouna Ouédraogo, qui exerce ce métier depuis six ans, observe avec joie que la consommation d’ananas est entrée dans les habitudes des Burkinabè.

Une potion de santé très convoitée
Si le marché explose, c’est parce que l’ananas n’est plus seulement une gourmandise. Les femmes, principales clientes, l’utilisent sous toutes ses formes. Pour Raïcha Ouédraogo, c’est une source de nutriments essentiels, tandis qu’Alima Zongo y voit un remède naturel contre la constipation. Oumou Sawadogo, quant à elle, l’infuse en tisane pour sa santé quotidienne. Malgré une cherté parfois pointée du doigt, le goût et les bienfaits thérapeutiques semblent l’emporter sur le prix.

Un parcours semé d’embûches
Pourtant, ce commerce n’est pas un long fleuve tranquille. Sur le pont de Tanghin, la concurrence est rude entre les vendeurs installés côte à côte.

Aux défis de la conservation du fruit, qui s’avère complexe, s’ajoute une relation tendue avec les forces de l’ordre. Les vendeurs et la police jouent souvent au « chat et à la souris », une situation qui agace ces jeunes dont l’unique but est de gagner leur « pitance quotidienne ».

Malgré ces obstacles, l’ananas continue de régner sur les trottoirs de la capitale, prouvant que la volonté de fer de cette jeunesse peut transformer un simple fruit en un levier économique puissant.

Aïssata Sidibé

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