Ouagadougou: flambée des prix, rareté de certains légumes sur le marché, les ménages s’en inquiètent
Mettre la marmite au feu ces derniers jours est devenu un véritable casse-tête pour certains ménages. Et pour cause, les prix des légumes ont connu une hausse vertigineuse sur le marché. Plusieurs légumes sont devenus rares comme la tomate. Une situation qui préoccupe plus d’un ménage.
Il est 9h au marché de Larlé, l’un des espaces commerciaux les plus animés du nord de Ouagadougou. Il offre une ambiance bouillonnante, typique des marchés de quartier de la capitale. Forte densité humaine, discussions animées, trafic intense aux alentours. Ce marché d’ordinaire attire des commerçants et des clients venant de partout. Mais en cette matinée de mardi, 23 juin 2026, il semble y avoir plus de commerçants que de clients. Les étals, eux sont presque vide. Des oignons, des poivrons, des choux, mais très peu de tomates.

Dans ce souk, les commerçants vivent la cherté de la vie. Baisse de la clientèle, mévente des marchandises, diminution des revenus, les difficultés s’accumulent. Assise derrière ses étals de condiments, la commerçante Noëlie Ilboudo, ne cache pas son amertume.
« Depuis le matin, rien ne s’achète, les clients sont rares et tout est au ralenti », se lamente-t-elle. Selon dame Ilboudo, le prix de la caisse de tomate qu’elle prenait entre 25 000 et 30 000 F CFA chez les grossistes a explosé à 150 000 F CFA. Et de poursuivre qu’elle cède le tas de cinq à sept tomates à 500 F CFA, 1000 F CFA ou 2000 F CFA. Malgré cela, elle est souvent confrontée à des pertes de plus de 30 000 F CFA du fait de la mévente à chaque approvisionnement. Elle souligne avoir constaté une chute drastique de ses ventes.
Brigitte Tapsoba dresse également un constat alarmant: « Depuis un certain temps, plus rien ne va ». Elle a fait savoir que cette hausse des prix est provoquée par plusieurs facteurs comme l’abandon des terres agricoles du fait de l’insécurité et les coûts de transport élevé des prix des condiments. Selon Aminata Sorgho faire ses amplettes affaiblit fortement son pouvoir d’achat. « Avant, avec un petit budget, on pouvait faire le marché sans trop de difficultés. Aujourd’hui, c’est impossible. Seuls les oignons sont accessibles », a confié la mère de famille.
Ladji Traoré rencontré non loin du marché de Larlé n’est pas insensible à la situation. «Je pense que c’est intenable surtout que les affaires ne marchent pas. Normalement la douleur que les hommes ressentent là, les femmes devraient la ressentir. On ne peut plus bien manger comme avant à cause de la cherté des condiments», regrette-t-il.
Alizeta Ouédraogo, ménagère et mère de trois enfants, venue faire le marché pour le repas quotidien de sa petite famille avoue désormais se passer de certains condiments dans sa cuisine. Elle pointe du doigt les prix et là encore c’est si on trouve certains ingrédients comme la tomate sur le marché. A l’en croire, cette situation freine l’élan gourmet de sa petite famille. Elle confie également rester confiante que les autorités du pays feront tout afin que les choses redeviennent normales, pour le bonheur des populations.
Aïssata Sidibé
Honorine OUEDRAOGO
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