Burkina: le projet de loi relatif aux libertés religieuses adopté
Les députés de l’Assemblée législative du peuple, réunis en séance plénière le samedi 20 juin 2026 sous la présidence du Dr Ousmane Bougouma, chef du parlement, ont adopté à l’unanimité des 59 votants du jour le projet de loi relatif aux libertés religieuses. Les relations sociales sont de plus en plus fragilisées par l’intolérance religieuse, la radicalisation, l’extrémisme violent et l’immixtion du religieux dans la sphère de l’Etat.
Face à cette situation, il est apparu urgent de mieux encadrer l’exercice des libertés religieuses afin de garantir les droits de chaque citoyen et de protéger la société contre toute forme de dérive à caractère religieux. C’est ainsi que le gouvernement a adopté en Conseil des ministres du 19 mars 2026 le projet de loi relatif aux libertés religieuses.
Ce projet de loi a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée législative de transition du peuple, à sa séance plénière du samedi 20 juin 2026. Le texte sera promulgué avec effet immédiat pour les dispositions pour lesquelles il n’est pas prévu un temps transitoire. Il comporte 6 titres et 110 articles. Pour le camarade ministre d’État Émile Zerbo, chargé de l’Administration territoriale et de la mobilité, le Burkina Faso vient de se donner un texte de loi pas révolutionnaire dans la forme ou dans le fond parce que cela aurait dû être fait depuis. Mais un texte de loi moderne qui prend en compte les réalités actuelles et qui permet au Burkina Faso de penser à un avenir serein. Cette loi vient ainsi combler un vide juridique et garantir le vivre-ensemble.
C’est donc tout naturellement que le camarade ministre s’est réjoui de son adoption. La ratification de cette loi permettra, à l’en croire, de lutter contre le radicalisme religieux, et de faire un contrôle de tous ceux qui rentrent dans notre pays pour avoir la parole dans les lieux publics. Mais ce n’est pas tout. Il permettra également d’assainir l’espace public, parce que beaucoup de nos espaces publics ont été colonisés par les établissements ou par des édifices religieux, constate le camarade ministre en charge de l’administration territoriale, pour qui «toutes les dispositions de ce texte, que ce soient les chapitres, les articles pris de façon isolée, participent à régler la question qui a amené les autorités à proposer le texte, c’est-à-dire le désordre qui s’installe.
« Les gens se cachent derrière la question de la liberté religieuse pour enflammer le pays par des prêches difficiles à accepter dans un État de droit», déplore-t-il. La loi interdit désormais toute discrimination fondée sur la religion, l’installation des lieux de prière dans un espace public, à l’exception des centres de santé, des casernes et des prisons, pour préserver la neutralité de l’administration. «Ceux qui délimitent les espaces publics donnent un caractère sacré à ces endroits. Prié n’est pas interdit.
Ce qui est interdit, c’est de délimiter dans l’espace public un endroit et de lui donner un caractère sacré alors que le service public n’est pas là pour cela, insiste le ministre. Aux détracteurs, le camarade ministre a laissé entendre que ce texte n’est pas fait pour combattre la religion, comme certains l’ont dit. «Ce texte a été fait pour que le croyant soit libre. Il a été adopté aujourd’hui et tous les croyants pourront adorer dans la sérénité tout en respectant l’ordre public et les dispositions législatives en vigueur dans notre pays, soutient-il. Pour son appropriation, les autorités entendent mener des actions auprès des religieux et des populations.
Tout comme le texte sur le statut de la chefferie traditionnelle, la nouvelle loi aura elle aussi sa version en langue nationale. Sur la question de l’exploitation des personnes vulnérables sous couvert de la religion, le ministre a été on ne peut plus clair : « Il n’est pas autorisé d’exploiter les personnes vulnérables, y compris les enfants, du fait religieux.
Nous voyons beaucoup de mendiants forcés d’être dans les rues pour mendier, parce que derrière eux, il y a des gens qui les exploitent. Ils les maltraitent souvent quand ils n’envoient pas la pitance… Tout cela doit cesser. » Cette loi marque une étape importante dans la consolidation du modèle burkinabè de la laïcité, conciliant libertés religieuses et ordre public.
Aïssata Sidibé
Honorine OUEDRAOGO
Derniers articles par: Honorine OUEDRAOGO (voir tous)
- Burkina: le projet de loi relatif aux libertés religieuses adopté - samedi le 20 juin 2026
- « La meilleure des solutions, c’était de compter sur notre propre force », Dr Abdallah Ouédraogo - vendredi le 19 juin 2026
- Modernisation de l’administration forestière : un nouveau siège inauguré - vendredi le 19 juin 2026

