Gestion écologique des insectes ravageurs et technologies biologiques : Le projet ECOPROTECT lancé à Ouagadougou
Le projet ECOPROTECT a été officiellement lancé ce jeudi 16 juillet 2026, à Ouagadougou. C’était au cours d’un atelier présidé par la directrice du Centre de recherches environnementales, agricoles et de formation (INERA-CREAF) de Kamboinsé, Dr Isabelle Dabiré. Le présent atelier devrait permettre aux participants de partager une compréhension commune du projet, de valider une feuille de route et de poser les bases d’une collaboration efficace.

Ce projet de trois ans (mars 2026-février 2029) est financé à hauteur de 570 000 USD par la Fondation McKnight. Il s’est fixé cinq objectifs spécifiques: développer de nouvelles options de lutte agroécologiques et optimiser les technologies existantes; évaluer les impacts agronomiques, socioéconomiques et environnementaux; renforcer les unités communautaires privées de lutte biologique; développer des outils de modélisation prédictive pour anticiper les infestations et ainsi renforcer les capacités des acteurs et les synergies avec les projet CRFS (collaboration pour les systèmes alimentaires résilients).
ECOPROTECT c’est 28 activités structurées autour de ces cinq objectifs spécifiques. Il couvre trois pays à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Mis en œuvre par un consortium régional coordonné par l’Institut National de la Recherche Agronomique du Niger (INRAN), ce projet s’inscrit dans la continuité des acquis des projets GIMEM et Sahel-IPM. Selon le coordonnateur national du projet, Dr Antoine Waongo, à terme le projet vise des résultats tangibles pour les producteurs notamment la réduction d’environ 40% des pertes dues aux insectes ravageurs ; une hausse d’au moins 50% des rendements chez les adoptants ; une diminution des coûts de protection des cultures ainsi qu’une amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire de plus de 300 000 producteurs à l’échelle des trois pays.
Au nom de l’équipe de mise en œuvre, Dr Waongo a salué la fondation McKnight, dont l’appui va au-delà du financement. « A travers son programme Global collaboration for resilient food systems, la fondation porte des principes que notre projet fait pleinement siens : une recherche agroécologique centrée sur les producteurs, la recherche participative et co-construite, l’apprentissage collectif et la mise en réseau ; le renforcement des capacités des institutions et des acteurs ; et l’équité et l’inclusion au bénéfice des femmes et des jeunes », a-t-il détaillé.
Pour la directrice du CREAF-INERA, Dr Isabelle Dabiré, le projet ECOPROTECT vient à point nommée : « Le mil, le sorgho, le maïs, le niébé ainsi que plusieurs cultures maraîchères subissent chaque année des pertes importantes causées par les insectes ravageurs. Ces pertes réduisent les rendements, diminuent les revenus des producteurs et compromettent la sécurité alimentaire et notionnelle des ménages. Face à cette situation, le recours, souvent excessif ou mal maitrisé, aux pesticides chimiques de synthèse constitue une préoccupation supplémentaire ». Elle s’est réjouie de la mise en œuvre de ce projet qui devrait contribuer au renforcement des capacités techniques et organisationnelles des producteurs, des chercheurs, des agents des services techniques et des unités communautaires privées de lutte biologique. Il devrait également favoriser la mise au point d’outils de modélisation permettant d’anticiper la dynamique des ravageurs et d’améliorer les stratégies de prévention et d’intervention.
Dr Dabiré a exprimé ses attentes dont la principale est que les résultats de la recherche soient transformés en solutions concrètes, accessibles et utilisables par les producteurs. Le présent atelier constitue donc une étape fondatrice. Il devra permettre aux participants de partager une compréhension commune de la vision et des objectifs du projet, de clarifier les rôles et les responsabilités de chaque partenaire, d’examiner et de valider le plan de travail de la première année et de recueillir les attentes et les contributions des différentes parties prenantes.
Aïssata Sidibé
Honorine OUEDRAOGO
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