Burkina: La musique burkinabè dans le cœur des mélomanes
Au Burkina Faso, les autorités entendent mettre en avant la musique burkinabè dans tous les lieux de détente afin d’encourager la promotion des artistes locaux et renforcer la place de la culture burkinabè dans le quotidien des populations. L’objectif affiché est de soutenir les musiciens du pays, de valoriser leur travail et de garantir que le public ait accès à la création nationale dans les espaces publics. Nous avons fait le tour de quelques maquis de Ouagadougou, pour constater le respect de cette mesure.
Il est 10h au maquis compressor situé au quartier Wayalghin de Ouagadougou. L’ambiance est encore timide. Les habitués du coin, y, sont attendues à partir de 11h. Dans ce lieu de divertissement, les boissons coulent à flots, dans une ambiance exclusivement Burkinabè à notre arrivée. Le gérant et le personnel s’affairent aux derniers préparatifs avant l’arrivée des premiers clients.
Ici, les nuits sont réputées pour leur énergie débordante, rythmées par les meilleurs sons d’artistes burkinabè reconnus tels que Floby, Tania, Kayawoto, Dez Altino, Smarty, Kosa Pic… Jean-Claude Guessan nous confie que la priorité est donnée à la musique burkinabè dans le planning de sélection musicale. «En journée comme en soirée, nous jouons la musique locale. Lorsque nous faisons une heure sans mettre une musique burkinabè, il y a forcément un client qui va nous interpeller», dit-il avec un sourire au coin des lèvres.
Après ce maquis, le cap est mis sur un autre débit de boisson à l’ouest de Ouagadougou, dans le quartier Bonheur ville, il est 19h. L’espace grouille de monde et l’ambiance est électrique. Interrogé sur la place de la musique burkinabè, le DJ, Eric Nacoulma alias DJ Ricos confirme qu’elle est assez prisée et beaucoup consommée. Lorsqu’un titre de floby est joué, la piste de danse est prise d’assaut par les clients qui esquissent des pas de danse.
Qu’ils soient en groupe ou seuls, les clients consomment au rythme des sonorités nationales. Devant sa bouteille de boisson à moitié vide, Gatian Ouédraogo, un passionné de la musique burkinabè, ne cache pas sa satisfaction. « J’apprécie beaucoup plus les artistes burkinabè que ceux d’ailleurs. Ce n’est pas une discrimination mais je préfère notre musique. Il y a certains artistes qui donnent des conseils. Au-delà des conseils qu’ils donnent, si on fait la comparaison avec les autres artistes venant d’autres pays, on voit également qu’il y a du talent qui se dégage. S’il y a lieu de les encourager, je les encourage du fond du coeur », affirme t’il.
Pour Simon-Pierre Tadamba, un autre client, la décision du gouvernement est salutaire. Toutefois, il suggère aux artistes musiciens de circonscrire leur talent dans le domaine purement burkinabè. «On n’est pas obligé de copier le style d’autres contrées pour formuler sa musique et son talent», soutient-il.
Aïssata Sidibé

Honorine OUEDRAOGO
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