Mobilité électrique à Ouagadougou : L’énergie solaire comme alternative

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À Ouagadougou, les véhicules électriques gagnent du terrain, portés par une promesse de réduction drastique des coûts de transport. Si l’économie réalisée séduit de plus en plus de Burkinabé, le déploiement des infrastructures de recharge reste le défi majeur pour pérenniser cette transition énergétique.

Le paysage urbain de la capitale burkinabè change de visage. Sur l’avenue Kwamé N’Kruruma des bornes de recharge d’un nouveau genre font leur apparition. Portée par l’entreprise Alioth Mobility, pionnière dans le secteur, cette infrastructure vise à accompagner l’essor croissant des voitures et motos électriques dans le pays.

Un réseau de recharge 100 % solaire
L’originalité du modèle burkinabè repose sur son autonomie énergétique. Les stations de recharge installées par Alioth Mobility sont alimentées à 100 % par l’énergie solaire, grâce à des panneaux photovoltaïques installés directement sur les toits des stations. Actuellement, trois sites sont opérationnels : deux bornes à Koulouba et une à Ouaga 2000.

L’ambition ne s’arrête pas à la capitale. Un projet d’extension a déjà débuté pour couvrir le territoire national, ciblant en priorité les axes vers Boromo et Bobo-Dioulasso. « L’intention est de mailler tout le territoire de sorte à ce que toutes les grandes villes d’abord aient des bornes », précise l’entreprise.

L’autonomie au bout des doigts
Pour l’usager, le processus se veut simple et numérique. Tout passe par l’application Alioth Drive, qui permet de recharger son compte via les services de paiement mobile. Une fois le véhicule raccordé, il suffit de scanner un code QR sur la borne pour lancer la charge.

Le système est conçu pour être totalement autonome : la recharge s’arrête automatiquement dès que la batterie atteint 100 %, permettant au conducteur de vaquer à ses occupations. Pour les nouveaux utilisateurs, une assistance est disponible 24h/24 pour faciliter la création de compte et la prise en main du matériel.

Jusqu’à 50 % d’économie sur la facture énergétique
C’est l’argument massue qui finit de convaincre les automobilistes : le coût. Selon les simulations effectuées, un véhicule électrique comme la BYD Dolphin permet de réaliser entre 30 et 50 % d’économie par rapport à une berline thermique équivalente, telle qu’une Toyota Corolla.

« Pour 12 000 francs CFA maximum, vous faites le plein et vous avez 420 km d’autonomie », explique-t-on chez Alioth Mobility. À cela s’ajoute une réduction significative des frais d’entretien. Marcel Yaméogo, un usager ayant franchi le pas, témoigne : « Avec les véhicules électriques, il n’y a pas de vidanges ni de révisions complexes comme sur les moteurs thermiques ».

La patience, prix de la transition
Malgré ces avantages, des freins subsistent. Le temps de recharge reste plus long qu’un passage à la pompe traditionnelle, nécessitant environ 1h30 pour une recharge complète lorsque la batterie est à plat.

De plus, le nombre encore limité de points de recharge constitue l’obstacle principal à une adoption massive. C’est le défi majeur que les acteurs du secteur devront relever pour transformer ce qui est aujourd’hui une curiosité technologique en un standard de la mobilité durable au Burkina Faso.

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