Cinéma : Eric Bayala veut faciliter l’intégration entre les peuples à travers la musique

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Afin de faire de la musique un élément d’intégration, de vivre ensemble et de tolérance, le réalisateur burkinabè Éric Bayala a produit un film documentaire nommé « Les Résonances De l’Âme ». Au cours d’un entretien accordé à Filinfos, Eric Bayala revient sur les fondements de son film.

De quoi est-il question dans « Les Résonances De l’Âme »?

Le documentaire « Les Résonances De l’Âme » montre la diversité musicale du Tyrol et les caractéristiques esthétiques de la musique multiculturelle. Il met en relief le message politique des musiciens et leur invitation à franchir les barrières culturelles et à construire des ponts avec la musique. Ce film documentaire long-métrage de 76 minutes est une excursion dans la scène musicale des migrants du Tyrol. On est entre le reggae, les sons de guitare classique, la musique latine, le flamenco kurde, les chants spirituels, la musique rom “Gypsie” et le hip hop.

Pourquoi ce titre ?

Le titre fait référence aux mots des protagonistes. En effet, les protagonistes disaient que « la musique vient du fort intérieur », ou que « c’est l’âme de leur peuple », ou encore que je faisais « vibrer leurs âmes » et un tyrolien dis que quand on chante dans les montagnes « le sons résonnes comme un écho ». D’où le titre les Résonances de l’Âme, car j’étais en phase avec les protagonistes à travers l’alchimie des sons.

Comment vous est venue l’idée de réaliser ce documentaire ?

Ce film documentaire est un projet de l’association Sahel Tirol et de ses partenaires. Il part comme mes 5 films précédents d’une recherche universitaire que j’ai traduite en film documentaire. L’idée de ce film part d’une expérience personnelle. Vous savez, moi, je suis musicien et depuis, l’âge de 11 ans je joue à la guitare et j’ai écrit des dizaines de chansons.

Pourquoi un documentaire sur le thème de la musique et comment est-ce qu’il est construit ?

Ce film documentaire a été réalisé sous le thème de la musique pour mettre en relief les divers groupes de migrants, leurs modes de vie dans les communautés, les événements fondateurs de mode de vie nouvelles, les références culturelles, les formes de luttes, le travail, les lieux de rencontres entre cultures et les lieux d’expressions de la transculturalité à travers la musique. Il permet aussi d’explorer l’imaginaire artistique des musiciens et musiciennes qui jouent lors des manifestations liées aux droits humains, des mariages et des fêtes communautaires. Ces artistes semblent être téléguidés par les thèmes récurrents tels que l’intégration, la diversité, la paix sociale qu’ils essayent de colorer dans les rythmes qui plongent les mélomanes dans leurs mélancolies, leurs nostalgies et les litanies de tristesses de leurs pays d’origine. Mais, ces tubes préparent des sauces avec le mélange, avec des rythmes locaux et des musiques telles que le jazz, le reggae, le hip-hop, le flamenco, la musique classique etc.

Depuis la sortie de votre documentaire en 2017, comment jugez-vous sa consommation ?

Le film a été projeté dans plusieurs salles en Autriche et une salle de cinéma au Tyrol l’avait diffusée pendant une semaine. Il a aussi été montré dans les universités en Autriche et en Allemagne, dans les écoles et dans les centres culturels de la région du Tyrol où nous avons eu beaucoup de débats. Il est passé au FESPACO au Marché International du Cinéma Africain (MICA) en 2021, au Festival International du Film Panafricain de Cannes et au Festival l’Afrique Fait Son Cinéma à Paris. Aussi, des DVD et Blu-ray ont été vendus par mon association Verein Sahel Tyrol qui est le producteur de tous mes films.

Quelles sont les récompenses que le documentaire a déjà eues?

Les plus grandes récompenses sont celles du public et des cinéphiles qui m’écrivent, m’encouragent et viennent voir mes films. Outre cela, le film a remporté deux Dikalos au festival international du film Panafricain de Cannes à savoir la Mention spéciale du Jury avec le long-métrage documentaire « les Résonances de l’Âme » et aussi un second prix, celui de la paix de l’Association Nord-Sud Développement avec ce film et le film documentaires « les Tourneurs du Temps ».

Avez-vous rencontré des distributeurs aux festivals où vous avez projeté vos films ?

J’ai eu des contacts au FESPACO avec des producteurs, un distributeur et une télévision. À Cannes, j’ai eu plus de contacts et près d’une dizaine d’interviews, d’invitations et d’échanges avec des producteurs. A Paris, aussi, j’ai eu des échanges fructueux avec des producteurs, des associations de la diaspora qui organisent des festivals.

Avez-vous d’autres projets cinématographiques en cours de réalisation ?

Je suis en train de tourner avec les musicien(ne)s qui sont protagonistes dans le documentaire « Les Résonances de l’Âme » un documentaire dont le titre de travail est « Une Chanson Pour l’Âme ». L’une des particularités de ce film documentaire long-métrage narratif est qu’il se déroule de bout en bout sur un décor unique qui sert à l’enregistrement d’une chanson : une scène- studio, qui servira à la fois pour les échanges (interviews), les rencontres et tout le processus créatif jusqu’aux enregistrements et poses de voix. Ce décor aura l’aspect d’une salle de spectacle transformée pour les besoins de la création en studio d’enregistrement.

Aussi, j’ai initié et crée avec des amis cinéastes et hommes de cultures et de médias  « Les Rencontres Cinématographiques de Sya » (RECIS). Nous projetons réaliser la première édition en 2022.

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