Bien-être / Sport :pourquoi de plus en plus de Burkinabè poussent les portes des salles de sport
Autrefois réservées à une élite, les salles de sport poussent aujourd’hui comme des champignons à Ouagadougou. Et elles ne désemplissent plus. Derrière les haltères et les tapis roulants, les profils se croisent et se diversifient, portés par des motivations multiples. Au premier rang desquelles : la santé.
Entre le travail de bureau, les longues heures passées dans les embouteillages et une alimentation de plus en plus transformée, la sédentarité s’installe progressivement dans le quotidien des citadins. Le sport devient alors une véritable prescription. Beaucoup franchissent le pas sur conseil médical pour lutter contre le surpoids, l’hypertension, le diabète ou le mal de dos. « Je pesais 98 kg. Mon médecin m’a dit clairement : c’est le sport ou l’AVC. Depuis cinq mois, je viens trois fois par semaine. J’ai perdu 9 kilos, je dors mieux et je ne suis plus essoufflé », confie Moussa Sawadogo, un comptable de 42 ans.
Pour d’autres, la salle rime d’abord avec estime de soi. Aïcha, 24 ans et étudiante à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), y est entrée au départ pour perdre du ventre avant son mariage. Elle y est finalement restée pour la confiance acquise. « Quand je me regarde dans le miroir, je me sens forte », confie-t-elle. Dans une capitale sous pression, ces espaces de fitness font aussi office de défouloir.
« C’est ma thérapie. Quand je sors d’ici, tous mes problèmes restent derrière moi », sourit Fatou Sow, abonnée depuis un an. Safi Ouédraogo, commerçante, renchérit : « Ma journée est stressante entre les clients, les enfants et la circulation. Ici, c’est ma soupape de décompression. 45 minutes de vélo et je rentre neuve à la maison. Mon mari dit même que je suis beaucoup moins nerveuse ! ».
On ne vient plus en salle seulement pour transpirer. Les cours collectifs, le coaching et l’ambiance générale créent une véritable communauté où l’on se motive et où l’on se lie d’amitié. La salle se transforme également en école de la rigueur : se lever tôt, respecter un programme, cultiver la régularité. Autant de valeurs disciplinaires qui finissent par impacter positivement la vie professionnelle et personnelle des adhérents. Si les raisons de pousser la porte d’une salle sont multiples, celle d’y rester demeure unique : on s’y sent tout simplement mieux.
Aïssata Sidibé
Honorine OUEDRAOGO
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