La Case de Binger : un trésor de l’architecture traditionnelle et de l’histoire à Tiakané
Case de Berger à Tiakané/Ph : CPZ
Située à Tiakané, un village à 7 km à l’ouest de Pô, dans la province de Nahouri, la concession du chef de Tiakané est un véritable joyau de l’architecture traditionnelle burkinabè. Également connue sous le nom de « La case de Binger », cette structure en terre crue cache une histoire riche en lien avec l’explorateur français Binger qui y avait trouvé refuge, en 1887,alors qu’il était poursuivi par des habitants de Tiébélé.
La concession se distingue par son architecture unique. Constituée de 36 pièces de formes circulaires et quadrangulaires, elle s’étend sur deux niveaux : un semi-souterrain et un étage ou terrasse. Ces pièces, étroitement liées, forment une unité d’habitation fortifiée. Ce type de construction, avec une enceinte de 180 mètres de périmètre, servait principalement à la défense de la communauté. Le bâtiment, avec ses murs épais de 46 cm et ses portes basses de 80 cm de hauteur, est conçu pour résister aux attaques et protéger ses habitants en cas de conflit.
Un refuge pour l’explorateur Louis-Gustave Binger
L’histoire de cette concession prend une dimension particulière lorsqu’on évoque son rôle dans la protection de l’explorateur français Louis-Gustave Binger. En fuite et recherché par les populations de Tiébélé, l’explorateur Binger aurait trouvé refuge dans cette concession, où il a été caché par l’arrière-grand-père du chef actuel de Tiakané, Bouliou Negoué.

Un site à préserver
Sa Majesté Pe Affipoa, chef actuel de Tiakané, aspire à voir ce site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette reconnaissance permettrait non seulement de préserver ce patrimoine unique mais aussi de valoriser l’histoire et la culture de la région. Selon Jean Emmanuel Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, « La case de Binger est un élément de notre histoire qui mérite d’être préservé et conté aux générations futures ».
Héritage de défense et de protection
La concession n’était pas seulement une unité d’habitation, elle est aussi une forteresse de défense lors des guerres tribales. Selon les explications des guides touristiques, la population se réfugiait à l’intérieur tandis que les guerriers se postaient autour de l’enceinte pour contre-attaquer et protéger les habitants. Cet héritage de défense collective incarne un savoir-faire ancestral et une solidarité qui méritent d’être mis en lumière
Carine Pierrette Zongo
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