RAFFINOR-BF : notre or ne sort plus brut !

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La valorisation sur place des ressources aurifères était le chaînon manquant de notre chaîne de valeur des activités minières d’autant plus que le prix de l’or se trouve à des niveaux historiquement élevés. Ce qui change concrètement avec l’affinage de l’or brut à Ouaga, c’est l’arrêt des paiements à un fournisseur minier étranger. En dehors des frais liés à la prestation d’une raffinerie extérieure, il y a des coûts liés au transport aérien, à la logistique, aux assurances, à la sécurité etc., qui rentrent désormais dans le chiffre d’affaires de RAFFINOR-BF.

Un lingot d’or issue de l’inauguration de RAFFINOR-BF


Lorsque de l’or est, par exemple, affiné hors du Burkina, personne de notre pays n’est présent dans la salle, et c’est le raffineur étranger qui notifie la quantité d’or pur qu’il a trouvé dans la brique qu’on lui a envoyée. Le travail entre la raffinerie et ses clients s’effectuait sur la base de la confiance et des déclarations. Maintenant, l’État burkinabè est présent et contrôle tout le processus. Désormais, c’est RAFFINOR-BF qui émet les factures pour ses partenaires, tout en générant de la valeur ajoutée supplémentaire. Une raffinerie a l’avantage d’assécher la contrebande. Une partie de cet or affiné alimentera également la réserve nationale. Plus le volume de la réserve augmente mieux le pays lève des fonds à l’international et emprunte à bon taux.


Par ailleurs, sur le plan technique, la stabilisation de l’énergie est fondamentale pour la réussite d’une raffinerie d’or, mais il est certain que RAFFINOR-BF a pris en compte cette dimension ainsi que celle de l’impact environnemental. Autre aspect sur le plan technique : une partie de l’or artisanal burkinabè contient du mercure, puisque certains artisans utilisent ce produit toxique pour amalgamer le minerai. En utilisant le même four pour affiner l’or artisanal et l’or industriel, il y a un risque que tous les lingots révèlent des traces de mercure. Notre contexte nous contraint à construire dans la raffinerie deux lignes distinctes physiquement, l’une pour l’or industriel et l’autre pour l’or artisanal.


Un projet de raffinerie d’or requiert des compétences techniques pointues. Les universités burkinabè produisent d’excellents ingénieurs et chimistes qui opèrent dans des laboratoires et dans les mines, mais très peu sont métallurgistes. La formation de nos jeunes est donc la clé du succès. Avoir travaillé dans une salle de fusion sera un atout important et RAFFINOR-BF doit traquer et débaucher des talents.


Un autre point technico-juridique est que la législation de 2024 oblige les industriels à transformer une partie de leur production sur place. Cependant, ces derniers ont signé des contrats avec des raffineries extérieures, et cette situation n’est-elle pas une fenêtre ouverte sur le contentieux ?


Une vision salutaire
Le marché mondial de l’or est guidé par une institution internationale, la London Bullion Market Association (LBMA), qui délivre une certification ‘’Good Delivery’’ permettant de vendre l’or sur les grandes places financières au prix optimal. À défaut de ce label, vos lingots de 99,99 % peuvent être vendus sur d’autres marchés, mais avec une légère décote. Actuellement, la Rand Refinery, en Afrique du Sud, est l’une des rares raffineries du continent africain à s’aligner sur les normes de la LBMA.

L’obtention de cette accréditation est un chemin de croix et cette exigence ne semble pas cadrer avec la vision révolutionnaire de nos autorités. La rhétorique souverainiste est claire : nous produisons notre or, nous le raffinons sur place, nous le certifions, nous le vendons à qui nous voulons et nous n’obligeons personne à venir l’acheter.


RAFFINOR-BF pourrait réussir le coup en frappant des pièces d’un gramme à l’effigie des grands révolutionnaires du pays ou des armoiries nationales pour capter l’épargne locale des commerçants et de la diaspora. L’opérationnalisation de RAFFINOR-BF suscite des espoirs chez nos populations. Cette initiative du gouvernement sous le leadership du Chef de l’Etat, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ est salutaire. Pourvu que les fruits tiennent la promesse des fleurs et que le Burkina se réapproprie ses ressources naturelles. Pour le moment, nous sommes à la moitié du chemin, attendons les résultats de la raffinerie d’or pour mieux apprécier.

AG IBRAHIM MOHAMED

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Félix RAMDE

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