3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique : Le message du Capitaine Ibrahim Traoré

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Ceci est le message du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’Etat, à l’occasion de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique.

Camarades, 

Au moment   où s’ouvre la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, je voudrais porter votre attention sur un sujet aussi simple que vital, aussi intime que sacré : le contenu de nos assiettes.

Observons ce que nous mangeons. Que voyons-nous ? Du riz ayant traversé les océans ? Des pommes de terre venues de pays lointains ? Du lait en poudre importé ? Et que dire des couverts ? L’assiette, les fourchettes et les cuillères sont aussi importées. 

Camarades, 

L’impérialisme n’est pas qu’une question de livres d’histoire ou de médias dominants. Il est également présent dans nos assiettes. Comme le disait le père de la Révolution d’août 83, les grains de riz, de maïs, de mil importés que nous mangeons, c’est cela l’impérialisme. Il ne faut pas chercher plus loin.

Le mal est d’autant plus pernicieux qu’il avance masqué dans notre quotidien. Il est dans ce grain de riz importé qui inonde nos marchés pendant que les récoltes de Bagré, du Sourou, de Samendeni, pourrissent faute de débouchés. Il est dans cette conserve de tomates venue d’Europe, alors que le fruit du travail de nos producteurs locaux reste sans acheteurs.

Ne cherchez pas l’ennemi plus loin : il s’invite parfois deux ou trois fois par jour à notre table. L’ennemi c’est aussi ce commerçant véreux qui emprunte des circuits frauduleux pour importer des produits de grande consommation au détriment de notre production locale et de notre économie. L’Etat prend des mesures vigoureuses pour protéger les produits « made in Burkina » et il faut un sursaut patriotique à la fois des populations et des commerçants pour que les rayons de nos boutiques et alimentations soient des espaces où la production locale est reine.  Pendant      des     décennies,     nous avons   été conditionnés, car en nous vendant leurs produits et en dévalorisant les nôtres, l’impérialisme a façonné nos habitudes de consommation. 

On nous a fait croire que ce qui vient de loin est meilleur. On nous a appris à trouver le Faso Dan Fani « trop cher », tout en trouvant normal d’acheter une chemise importée dix fois son prix. On nous a appris que le pain de blé est indispensable, au point de nous faire oublier la force du mil, du sorgho, du maïs, des aliments qui ont forgé la résistance de nos ancêtres. On nous a fait croire que nous sommes pauvres, alors que la terre sous nos pieds regorge de richesses. « L’enfant sage est celui qui achète les galettes de sa maman » nous dit un proverbe burkinabè. Soyons donc ces enfants sages ; soyons des Burkinabè, fiers et patriotes jusque dans nos assiettes.

Chers Camarades 

Le temps du conditionnement mental est révolu ! L’ère de la honte de nos produits est terminée !

Le Burkinabè nouveau, que nous appelons de nos vœux, c’est celui qui choisit de transformer ses habitudes avec conscience, c’est celui qui transmet à ses enfants cette valeur cardinale : le devoir sacré de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons. 

Le thème retenu pour la présente édition des Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne est donc un cri de ralliement : « souveraineté alimentaire et patriotisme économique : ensemble, cultivons notre dignité par la production et la consommation locales »

Et le slogan que chacun devra adopter est« mon assiette, ma fierté ! ». Ce thème nous met au défi. Il nous exhorte, chacun et de manière collective, à engager une guerre contre la dépendance

alimentaire. Chaque bouchée de produit local est un coup de pioche dans le mur de la domination économique. 

Produire ce que nous mangeons, transformer ce que nous produisons, et consommer ce que nous transformons, voilà le chemin de notre véritable indépendance !

Chers Camarades,

Comprenez bien la portée de vos actions : 

Quand vous achetez notre haricot vert, vous ne faites pas que nourrir les vôtres, vous irriguez l’économie du Burkina Faso. Quand vous revêtez le Faso Dan Fani, vous ne faites pas que vous habiller, vous couvrez la dignité de nos tisseuses.

Quand vous préférez le soumbala au cube chimique importé, vous ne faites pas que cuisiner, vous brûlez les brevets de l’impérialisme.

Aujourd’hui, nous lançons donc la grande offensive de la fierté. Durant ces Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne, nous allons apprendre à réapprivoiser nos assiettes. 

Je souhaite que dans chaque administration, chaque école, chaque foyer, nous adoptions le réflexe de garnir nos assiettes de mets typiquement burkinabè. Le « consommer local » doit être un réflexe de tous les jours dans les cantines et sur les tables. 

Du Liptako à la Région des Tannounyan, le riz de nos plaines et les fruits de nos vergers doivent régner en maîtres. Faisons du manger local une tradition sacrée. Faisons de notre table un front de notre libération.

Camarades

Notre combat doit être radical si nous voulons nous libérer véritablement. Unissons nos marchés ! Faisons circuler le lait de nos éleveurs, le riz de nos bas-fonds, le bétail de nos savanes ! Construisons un espace économique où la production nationale sera reine et l’importation, l’exception ! L’avenir de notre pays se joue également ici : dans nos champs, nos fermes et nos marchés.

Aux propriétaires des boutiques dans nos quartiers, je lance ce message : privilégiez nos produits agricoles locaux. En choisissant nos produits, vous combattez la vie chère et vous bâtissez un Burkina souverain et fier. 

Je m’adresse aussi à ceux qui continuent de douter, à ceux qui craignent que ce chemin ne soit trop difficile ou que notre ambition soit déconnectée d’un monde globalisé.  À ceux-là, je dis : ne vous laissez pas abuser par les mirages de la consommation facile. Le confort immédiat de l’importation est un piège qui hypothèque l’avenir de nos enfants.  Nous avons choisi le chemin de la dignité. 

C’est un chemin exigeant, certes, mais c’est le seul qui mène à la véritable liberté. Souvenons-nous de cette vérité : celui qui remplit votre assiette finit par vous dicter sa volonté. Maîtriser ce que nous consommons, c’est reprendre les clés de notre destin et de notre santé. 

J’imagine déjà certaines voix parier sur notre échec.   Elles pensent que notre élan s’essoufflera face aux réalités du marché mondial. Elles se trompent. Nous ne craignons pas l’isolement, car nous cultivons notre propre force. Si les flux extérieurs venaient à tarir, le Burkina Faso ne s’agenouillerait pas. Au contraire, nous puiserons dans notre terre, les ressources de notre résilience. 

Ce sont les bras de nos paysans et le courage de nos femmes qui nous font vivre ; et chaque épreuve sera révélatrice de notre génie communautaire. Chaque épreuve fera naitre un Burkina Faso nouveau : un espace de solidarité, invincible et souverain. 

Camarades,

La bataille est devant nous. Regardez vos mains. Sont-elles faites pour quémander ou pour applaudir ce qui vient d’ailleurs ? Non ! Elles sont faites pour produire, pour construire, pour transformer. Alors, ensemble, à l’occasion de ces Journées Nationales d’Engagement Patriotique et  de Participation Citoyenne 2026, engageons-nous !

Au champ, redoublons d’efforts !

Au marché, choisissons nos produits !

À table, soyons fiers de ce que nous sommes !

Que ce que nous consommons devienne notre arme !

Que notre assiette devienne notre cri de ralliement !

Que notre souveraineté soit notre fierté !

Gloire à nos vaillants paysans ! 

Victoire à nos femmes battantes ! 

Honneur à nos artisans !

La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !

Capitaine Ibrahim TRAORÉ

Président du Faso, Chef de l’État

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