Ouagadougou : Quand les feuilles fraîches se font rares sur le marché
Dans plusieurs artères de la capitale burkinabè se sont formés des marchés de commercialisation des feuilles fraîches (oseilles, corète potagère/”boulvakan”, feuilles de baobab, feuilles d’épinard et feuilles d’aubergine africaine). Ces feuilles fraiches se font de plus en plus rares. Et même si on en trouve, la quantité servie laisse à désirer. Pour alimenter ces marchés, des commerçantes parcourent chaque jour, à moto, des localités situées en périphérie de Ouagadougou, à partir des zones maraîchères.
Parmi elles, Simpoko Ouédraogo. Mariée et la trentaine bien révolue, elle se rend dans les localités comme Gogo, komsilga, pour s’en procurer. Elle mène son activité au quartier Kouritenga. Pour conserver les feuilles malgré la chaleur, elle les asperge régulièrement d’eau.
Assise à même le sol en compagnie de ses trois enfants, Simpoko Ouédraogo nous prend d’abord pour une cliente avant de s’en rendre compte.Mais très vite, une autre cliente détourne son attention. “Bonne arrivée” lui lance-t-elle suivie d’une salutation d’usage et le marchandage.
Après le départ de cette cliente, la vendeuse se tourne vers nous et déclare, comme pour s’excuser : « C’est le marché. C’est comme ça que cela se passe. » Elle pratique cette activité depuis plusieurs années. « Les prix des feuilles sont généralement compris entre 100 francs, et 500 francs CFA le tas », explique-t-elle. Selon elle, le marché tourne au ralenti, car se procurer des feuilles comestibles est devenu un véritable parcours du combattant. Le prix d’un plat est compris entre 3000 et 4000 francs CFA. Malgré la rareté des feuilles et l’absence de la clientèle, elle tire son épingle du jeu. Pour preuve, elle arrive à subvenir aux besoins de sa famille et à de couvrir ses propres dépenses.
Venues faire ses provisions, Jeanise Kombéré, restauratrice, ne cache pas son mécontentement, tout en nous montrant son sac de course. « J’ai acheté des feuilles fraîches notamment les feuilles d’aubergine africaine à 1500 francs. Imaginez-vous ça ne remplit pas mon sac de course ». Et de conclure : « On n’arrive pas à joindre les deux bouts. Tout est devenu cher. Souvent on cherche les feuilles mais on n’en trouve pas ». La rareté des feuilles comestibles s’explique principalement par la saisonnalité, la sécheresse et le manque de lopin de terre pour la culture.
Aïssata Sidibé
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