La dernière leçon : « ne soyez pas seulement des transmetteurs de messages, soyez des consciences vigilantes » Serge Théophile BALIMA
Lors du colloque organisé en son honneur le jeudi 6 novembre à l’université Joseph Ki-Zerbo, le professeur Serge Théophile BALIMA a délivré sa dernière leçon, appelant à former non seulement des techniciens de l’information, mais des consciences capables de penser le lien entre savoir, société et culture.
« À l’heure où l’information façonne les sociétés plus vite qu’elle ne s’analyse, la mission des formations en communication et en journalisme dépasse largement la simple transmission de compétences techniques : il s’agit désormais de former des esprits capables de penser, d’interroger et de résister », a-t-il déclaré.
Il ajoute que les contenus pédagogiques d’aujourd’hui doivent permettre aux apprenants de comprendre le lien profond entre information, société et culture. L’enseignant n’est plus seulement un technicien chargé de transmettre un savoir figé ; il est avant tout un formateur de conscience, un éveilleur d’esprit, appelé à développer la lucidité et l’autonomie intellectuelle.
Dès lors, une question essentielle s’impose : forme-t-on ou formate-t-on ?
Le risque est bien réel de produire non plus des professionnels libres, critiques et engagés, mais des acteurs instrumentalisés, soumis aux intérêts économiques ou politiques. Or, les métiers de l’information et de la communication exigent une responsabilité morale, éthique et sociale qui ne peut être sacrifiée.
Il faut également reconnaître les limites de toute formation académique. L’entreprise médiatique, le terrain et la réalité sociale constituent eux aussi des écoles, souvent plus exigeantes, mais aussi plus formatrices. « On ne devient journaliste ou communicateur qu’au contact du réel, dans l’épreuve, dans la confrontation permanente avec la vérité et ses conséquences ».
Le professeur à la retraite termine sa leçon en lançant un appel aux collègues et aux étudiants : « retenez ceci : ne soyez pas seulement des transmetteurs de messages, soyez des consciences vigilantes. L’information et la communication sont les poumons de la démocratie et de la paix. Préservez les avec dignité, rigueur et humanité. »
Honorine OUEDRAOGO
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